La rosacée touche environ un tiers des femmes de plus de 30 ans, principalement celles à la peau claire. Cette maladie dermatologique chronique se caractérise par des rougeurs diffuses, des vaisseaux sanguins dilatés et parfois des lésions papulo-pustuleuses qui altèrent considérablement la qualité de vie. Face à cette affection évolutive, le Rozex, à base de métronidazole topique, s’impose depuis plusieurs décennies comme un traitement de référence prescrit par les dermatologues. Pourtant, les avis des patients restent mitigés, avec un score de satisfaction moyen de seulement 4/10. Cette disparité entre la reconnaissance médicale et l’expérience vécue soulève des questions légitimes : quelle est réellement l’efficacité de ce traitement ? Comment optimiser son utilisation ? Quelles alternatives existent pour les patients réfractaires ? Cette analyse approfondie examine les données cliniques, les protocoles d’application et les témoignages d’utilisateurs pour vous offrir une vision complète de ce médicament emblématique dans la prise en charge de la rosacée.

Composition pharmaceutique du rozex : métronidazole à 0,75%

Le Rozex contient comme principe actif le métronidazole à une concentration de 0,75% (soit 0,75 gramme pour 100 grammes de préparation). Cette molécule appartient à la famille des imidazolés, des antibiotiques nitroimidazolés initialement développés pour traiter les infections parasitaires et bactériennes. Dans le contexte de la rosacée, le métronidazole agit principalement par ses propriétés anti-inflammatoires plutôt que par son action antimicrobienne directe, bien que cette dernière contribue également à l’efficacité globale du traitement.

Mécanisme d’action anti-inflammatoire du métronidazole topique

Le métronidazole topique exerce plusieurs actions thérapeutiques complémentaires dans la rosacée. Premièrement, il réduit l’inflammation locale en inhibant la production de médiateurs pro-inflammatoires et de radicaux libres oxygénés. Cette action anti-inflammatoire s’avère particulièrement efficace pour atténuer les papules et pustules caractéristiques de la rosacée papulo-pustuleuse. Deuxièmement, le métronidazole possède une activité contre le Demodex folliculorum, ce parasite microscopique qui colonise les follicules pileux et dont la surpopulation contribue à l’inflammation observée dans la rosacée. Des études ont démontré que les patients atteints de rosacée présentent généralement une densité de Demodex dix fois supérieure à celle des individus sains.

L’action du métronidazole sur les espèces réactives de l’oxygène (ERO) explique également son efficacité sur les symptômes vasculaires de la rosacée. En neutralisant ces molécules délétères, le principe actif protège les structures vasculaires et limite l’inflammation péri-vasculaire responsable des rougeurs et des télangiectasies progressives. Cette propriété antioxydante distingue le métronidazole d’autres traitements purement antibiotiques et justifie son utilisation prolongée sans risque majeur de résistance bactérienne.

Excipients et galénique du gel rozex

La formulation du Rozex intègre des excipients soigneusement sélectionnés pour optimiser la tolérance cutanée et faciliter la pénétration du principe actif. La base gel contient notamment du parahydroxybenzoate de mé

thyle, du carbomère, du propylèneglycol et divers agents de neutralisation et de conservation. Cette base gélifiée, majoritairement aqueuse, confère au Rozex gel une texture légère, non grasse et rapidement absorbée. Elle est particulièrement adaptée aux peaux mixtes à grasses ou aux patients qui n’apprécient pas la sensation de film occlusif laissée par certaines crèmes. Les excipients jouent un rôle central dans la tolérance : un gel trop alcoolisé ou contenant des parfums pourrait majorer brûlures et picotements sur une peau déjà enflammée par la rosacée.

Le choix de cette galénique vise donc un compromis entre pénétration épidermique du métronidazole et respect de la barrière cutanée. Pour les patients souffrant de rosacée, chaque détail compte : pH de la formule, présence ou non de tensioactifs irritants, type de conservateurs. C’est aussi ce qui explique que certains utilisateurs rapportent une meilleure tolérance avec le gel, quand d’autres préfèrent la crème. En pratique, si vous ressentez tiraillements, sécheresse excessive ou démangeaisons persistantes avec une forme, il est légitime d’en parler à votre dermatologue pour tester l’autre présentation.

Différences entre rozex gel et rozex crème

Rozex existe principalement sous deux formes topiques : le gel et la crème (ou émulsion). Sur le plan de la concentration en métronidazole (0,75%), les deux sont équivalents, mais leur comportement sur la peau diffère nettement. Le gel Rozex est plus léger, moins occlusif, souvent mieux accepté par les peaux grasses ou à tendance séborrhéique, et par les patients vivant en climat chaud ou humide. Il laisse un fini plus « sec », ce qui peut donner une impression de fraîcheur mais aussi, chez certains, de tiraillement.

La crème Rozex, de son côté, s’adresse davantage aux peaux sèches, déshydratées ou matures, qui présentent souvent une barrière cutanée altérée par les rougeurs chroniques. Sa phase grasse plus importante permet de restaurer le film hydrolipidique et de diminuer les sensations de brûlure ou d’échauffement. En revanche, certaines personnes ayant une rosacée papulo-pustuleuse avec composante acnéique légère peuvent la trouver trop riche et observer l’apparition de petits boutons ou de « microkystes ».

En pratique, le choix entre Rozex gel et Rozex crème se fait en fonction du type de peau, du climat, des cosmétiques associés et… du ressenti du patient. Il n’est pas rare de débuter avec une forme, puis de basculer vers l’autre si la tolérance n’est pas optimale. Certains dermatologues alternent même : gel le matin pour limiter la brillance, crème le soir pour favoriser la réparation cutanée. L’important reste la régularité du traitement plus que la forme exacte, à condition que la peau supporte bien la galénique choisie.

Biodisponibilité cutanée et pénétration épidermique

La biodisponibilité cutanée du métronidazole topique est faible à modérée, ce qui signifie que seule une fraction du produit traverse effectivement l’épiderme pour atteindre le derme superficiel, là où se jouent les phénomènes inflammatoires de la rosacée. C’est toutefois suffisant pour obtenir un effet clinique sans exposer l’organisme à des concentrations systémiques importantes. Les études montrent que le passage du métronidazole dans le sang après application de Rozex reste minimal, ce qui limite grandement les interactions médicamenteuses et les effets indésirables généraux.

La pénétration épidermique dépend de plusieurs facteurs : épaisseur de la couche cornée, état de la barrière cutanée, type de galénique (gel ou crème), mais aussi gestes d’application. Une peau agressée par des gommages, des peelings ou des brosses nettoyantes verra sa perméabilité augmenter, avec à la clé un risque d’irritation accru. À l’inverse, une peau surprotégée par des crèmes très occlusives peut limiter la diffusion du principe actif. On peut comparer la peau à une éponge plus ou moins sèche : trop desséchée, elle absorbe tout et s’irrite ; trop imbibée, elle laisse moins passer.

Pour optimiser l’efficacité du Rozex, il est recommandé d’appliquer une fine couche, sur une peau propre et parfaitement sèche, sans friction excessive. Inutile d’en mettre beaucoup : au-delà d’une certaine quantité, la pénétration ne s’améliore pas, seule la surface est saturée. Attendre quelques minutes avant l’application d’une crème hydratante non irritante permet de laisser au métronidazole le temps de se fixer. Cet équilibre entre bonne pénétration et respect de la barrière cutanée est l’un des points clés pour tirer profit du traitement tout en limitant les effets secondaires locaux.

Protocole d’application du rozex selon le stade de rosacée

Posologie recommandée pour la rosacée érythémato-télangiectasique

Dans la rosacée dite érythémato-télangiectasique, la symptomatologie est dominée par les rougeurs diffuses, les flushs et la présence de petits vaisseaux dilatés, avec peu ou pas de boutons. Rozex n’est pas le traitement le plus spectaculaire sur ce sous-type, mais il peut contribuer à stabiliser l’inflammation de fond. La posologie usuelle recommandée par les autorités de santé est de 2 applications par jour, matin et soir, après un nettoyage doux du visage, sur l’ensemble des zones atteintes (joues, nez, front, menton).

Chez certains patients à la peau très sensible, les dermatologues préfèrent débuter par une application quotidienne le soir, pendant une à deux semaines, puis augmenter progressivement à deux applications si la tolérance est bonne. Cette montée en charge permet d’éviter un « effet rebond » d’irritation qui pourrait décourager le patient dès les premiers jours. Il faut garder en tête que, sur ce type de rosacée, Rozex ne fera pas disparaître les télangiectasies déjà installées (qui relèvent plutôt du laser), mais peut réduire la fréquence et l’intensité des flushs, surtout s’il est associé à une bonne photoprotection et à l’éviction des facteurs déclenchants.

Vous vous demandez combien de temps attendre avant d’appliquer votre crème hydratante ou maquillage correcteur après Rozex ? En pratique, un délai de 5 à 10 minutes suffit pour laisser le gel ou la crème pénétrer. Il est inutile d’attendre une heure complète comme on le lit parfois, sauf recommandation spécifique de votre médecin dans des cas particuliers. L’essentiel est de ne pas multiplier les produits potentiellement irritants (fond de teint couvrant, bases siliconées, filtres chimiques agressifs) juste après l’application du traitement.

Traitement de la rosacée papulo-pustuleuse avec rozex

La rosacée papulo-pustuleuse est la forme la plus étudiée dans les essais cliniques avec le métronidazole topique. Elle se caractérise par des papules rouges, parfois douloureuses, et des pustules qui évoquent l’acné mais sur un fond de couperose. Dans ce contexte, Rozex se montre nettement plus efficace, grâce à son action anti-inflammatoire et partiellement antiparasitaire sur le Demodex. Le protocole standard reste là aussi de 2 applications par jour pendant au moins 8 à 12 semaines.

Dans les poussées importantes, Rozex est souvent associé à un antibiotique oral de la famille des cyclines (doxycycline, lymécycline), à faible dose anti-inflammatoire. Cette association permet de calmer plus rapidement la flambée de boutons, tandis que Rozex assure un contrôle local et prépare la phase d’entretien. Il ne faut cependant pas s’attendre à une disparition totale des lésions en quelques jours : la plupart des études constatent une amélioration progressive, notable en 3 à 4 semaines, avec un bénéfice maximal autour de 12 semaines de traitement continu.

Beaucoup de patients témoignent d’une phase initiale déroutante : « Mon visage tiraille, j’ai l’impression d’avoir plus de boutons au début ». Ce phénomène transitoire est fréquent avec les traitements topiques anti-inflammatoires. Si les symptômes restent modérés (rougeurs un peu plus marquées, légère sensation de brûlure), il est généralement conseillé de poursuivre, voire d’espacer momentanément à une application par jour. En revanche, en cas de brûlures intenses, d’œdème ou d’aggravation franche des pustules, un avis médical rapide s’impose pour adapter le protocole.

Durée optimale du traitement et protocole d’entretien

La durée de traitement par Rozex recommandée par l’AMM se situe entre 3 et 4 mois, à raison de 2 applications par jour. Toutefois, la rosacée étant une maladie chronique, les dermatologues ajustent cette durée en fonction de la réponse clinique et du profil du patient. Une fois les papules et pustules contrôlées, plusieurs stratégies sont possibles : arrêt complet, passage à une application quotidienne unique, ou application un jour sur deux en entretien. L’objectif est de trouver la dose minimale efficace qui maintient la maladie « en sourdine ».

Les études montrent que l’interruption brutale du traitement après une phase d’amélioration peut entraîner, chez certains patients, une rechute en quelques mois, surtout si les facteurs déclenchants (soleil, alcool, variations thermiques, cosmétiques irritants) ne sont pas maîtrisés. On peut comparer cela à l’entretien d’un jardin : une fois les mauvaises herbes arrachées, il faut un minimum de vigilance pour éviter qu’elles ne repoussent. C’est pourquoi de nombreux spécialistes recommandent un protocole d’entretien léger, parfois par cures de quelques semaines, plutôt qu’un usage intensif en continu toute l’année.

En pratique, un schéma fréquent consiste à maintenir Rozex une fois par jour pendant quelques mois après la rémission clinique, tout en privilégiant une routine de soins très douce (nettoyant sans savon, crème hydratante pour peaux intolérantes, absence de gommages). Ensuite, si la peau reste stable, on peut tenter d’espacer les applications et réserver Rozex aux périodes à risque : changement de saison, stress majeur, exposition solaire estivale, etc. Chaque patient a son propre « seuil de tolérance » ; l’écoute des signaux de la peau est donc essentielle.

Association thérapeutique avec l’ivermectine topique ou l’acide azélaïque

Rozex n’est pas toujours utilisé seul. Dans les formes modérées à sévères, les dermatologues peuvent proposer une association thérapeutique avec d’autres topiques comme l’ivermectine (Soolantra) ou l’acide azélaïque (Finacea). L’ivermectine topique agit à la fois sur l’inflammation et sur le Demodex, avec une action parfois plus rapide sur les papulo-pustules. Certains praticiens alternent par exemple : Soolantra un soir sur deux, Rozex l’autre soir, ou bien Rozex le matin et ivermectine le soir, en fonction de la tolérance.

L’acide azélaïque (15% en gel ou mousse) possède, lui, des propriétés anti-inflammatoires et kératolytiques légères, utiles dans la rosacée papulo-pustuleuse, notamment lorsqu’une composante acnéique coexiste. Cependant, il peut être plus irritant que le métronidazole chez les peaux réactives. Associer Rozex à Finacea demande donc une certaine prudence : on commence généralement par introduire un seul produit, puis le second si la tolérance est satisfaisante. L’alternance des jours ou des moments de la journée permet de limiter le risque de sur-irritation.

Faut-il forcément associer plusieurs traitements pour bien contrôler sa rosacée ? Pas nécessairement. Dans les formes légères, Rozex seul, bien utilisé, associé à des mesures hygiéno-diététiques (éviction du soleil fort, limitation des boissons chaudes ou alcoolisées, choix de cosmétiques adaptés) peut suffire. Dans les formes plus tenaces, ces combinaisons méthodiques, supervisées par un dermatologue, augmentent les chances de rémission clinique tout en réduisant le recours prolongé aux antibiotiques oraux.

Efficacité clinique démontrée du rozex sur les symptômes vasculaires

Réduction des érythèmes et flushs selon les études randomisées

Les essais cliniques randomisés contrôlés ont principalement évalué Rozex sur les lésions inflammatoires (papules et pustules), mais plusieurs travaux se sont également penchés sur son impact sur les érythèmes et les flushs. Globalement, le métronidazole topique permet une réduction modérée des rougeurs persistantes, surtout lorsqu’elles sont liées à l’inflammation périvasculaire plutôt qu’à des vaisseaux déjà dilatés de façon permanente. Les patients rapportent souvent une sensation de chaleur et de brûlure moins fréquente après quelques semaines d’utilisation régulière.

Dans certaines études, une amélioration de l’érythème de fond est observée chez 30 à 50% des patients après 8 à 12 semaines de traitement, comparativement au placebo. Ce résultat peut paraître modeste, mais pour des personnes dont le visage s’enflamme à la moindre émotion ou boisson chaude, cette réduction des épisodes de flushs change déjà sensiblement le quotidien. Cela dit, Rozex ne doit pas être présenté comme un « effaceur de rougeurs » instantané, mais plutôt comme un modulateur de l’inflammation vasculaire au long cours.

On peut illustrer cela par une analogie : Rozex ne coupe pas l’alarme incendie (les bouffées vasomotrices), mais rend le système moins réactif aux petites étincelles. Pour potentialiser cet effet, les spécialistes insistent sur l’importance de coupler le traitement à des mesures de photoprotection physique (chapeau à larges bords, recherche de l’ombre) et à l’évitement des déclencheurs connus de flush (alcool, aliments épicés, bains très chauds, variations thermiques brutales).

Action sur les télangiectasies et micro-vaisseaux dilatés

Les télangiectasies (ou « couperose ») correspondent à des vaisseaux déjà dilatés et visibles à l’œil nu. Sur ce plan, il est important d’être clair : Rozex n’a qu’un effet limité sur les vaisseaux installés. Aucune étude robuste ne montre une disparition significative des télangiectasies sous métronidazole topique seul. Au mieux, on observe parfois une légère atténuation de la rougeur globale, qui rend les vaisseaux moins flagrants, mais ceux-ci ne se « referment » pas comme avec un traitement au laser vasculaire ou à la lampe flash.

Cela ne signifie pas que Rozex est inutile dans les rosacées avec couperose marquée. En réduisant l’inflammation autour des micro-vaisseaux, il peut ralentir l’aggravation et limiter l’apparition de nouveaux capillaires dilatés. C’est un peu comme renforcer les fondations d’une maison déjà fissurée : les fissures existantes restent visibles, mais on évite qu’elles s’agrandissent rapidement. Pour un bénéfice esthétique net sur les télangiectasies, les lasers vasculaires (colorant pulsé, Nd:Yag, KTP) restent cependant la référence.

En pratique, les protocoles modernes de prise en charge de la rosacée combinent souvent Rozex ou un équivalent topique à des séances de laser, une fois l’inflammation maîtrisée. L’objectif est double : traiter la maladie inflammatoire chronique avec les médicaments, et corriger la dimension esthétique vasculaire avec les technologies de lumière. Les patients qui s’attendent à ce que Rozex remplace le laser risquent d’être déçus, ce qui explique en partie la note de satisfaction modérée relevée dans certains avis en ligne.

Taux de rémission clinique après 12 semaines de traitement

Les études cliniques menées avec le métronidazole 0,75% (gel ou crème) montrent, après 12 semaines de traitement, une diminution moyenne du nombre de papules et pustules de l’ordre de 50 à 70% par rapport à l’inclusion, avec des taux de rémission clinique complète (quasi-disparition des lésions inflammatoires) chez environ un tiers des patients. Ces chiffres varient selon la sévérité initiale de la rosacée et les critères retenus par les chercheurs.

On observe également une amélioration significative des scores de qualité de vie (DLQI) dans les essais contrôlés : moins de gêne sociale, moins d’anxiété liée à l’apparence du visage, plus de confiance au quotidien. Pourtant, dans la « vraie vie », les avis patients sont souvent plus nuancés, avec des notes moyennes de satisfaction autour de 4 à 5/10. Ce décalage s’explique par plusieurs facteurs : attentes irréalistes (espérer un visage « parfait »), observance irrégulière (oubli d’applications, arrêt précoce) et absence de prise en charge globale (soleil, cosmétiques, facteurs alimentaires).

Vous vous reconnaissez dans ces difficultés d’observance ? Il est alors utile de discuter avec votre médecin d’un protocole plus simple et plus réaliste pour vous : une seule application quotidienne mais bien faite, des rendez-vous de suivi rapprochés pour ajuster, ou encore une combinaison avec un autre topique mieux adapté à votre mode de vie. En rosacée, l’efficacité ne se joue pas seulement sur la molécule, mais aussi sur la capacité à s’inscrire dans la durée avec un traitement acceptable au quotidien.

Effets secondaires et contre-indications du métronidazole topique

Le profil de tolérance du métronidazole topique est globalement bon, surtout comparé à certains traitements systémiques. Les effets secondaires les plus fréquents sont locaux : sensations de brûlure ou de picotement, rougeur transitoire, sécheresse et parfois légère desquamation. Ces manifestations surviennent surtout au début du traitement ou en cas de peau déjà très irritée par d’autres produits (rétinoïdes, AHA, nettoyants agressifs). La plupart du temps, elles restent modérées et régressent en diminuant la fréquence d’application ou en renforçant l’hydratation.

Dans de rares cas, une véritable dermite de contact (allergique ou irritative) peut se développer, se manifestant par un érythème intense, un œdème, des vésicules ou un inconfort majeur. L’allergie peut concerner le métronidazole lui-même ou un excipient de la formule (parahydroxybenzoates, propylèneglycol, etc.). Si vous observez une aggravation brutale de votre état cutané après l’introduction de Rozex, la conduite à tenir est d’interrompre le produit et de consulter rapidement. Une déclaration de pharmacovigilance peut être faite sur le portail officiel national.

Les contre-indications formelles du Rozex sont rares : essentiellement une hypersensibilité connue aux imidazolés (métronidazole, tinidazole, etc.) ou à l’un des excipients. Concernant la grossesse et l’allaitement, les données sont encore limitées pour le métronidazole topique, même si l’absorption systémique est faible. La décision d’utiliser Rozex chez la femme enceinte ou allaitante doit donc être prise au cas par cas par le médecin, en pesant soigneusement le rapport bénéfice/risque. En cas de doute, un avis dermatologique spécialisé est conseillé.

Enfin, contrairement au métronidazole pris par voie orale, le Rozex topique n’est pas associé, dans les données actuelles, à des interactions significatives avec l’alcool ou des médicaments comme le disulfirame. Le passage sanguin étant minime, ces risques sont théoriquement très faibles. Cela ne dispense pas de signaler tous vos traitements en cours à votre médecin, notamment les anticoagulants oraux, même si les interactions restent ici surtout décrites avec la forme systémique du métronidazole.

Rozex versus alternatives thérapeutiques : finacea, soolantra, mirvaso

Rozex s’inscrit aujourd’hui dans un arsenal thérapeutique plus large pour la rosacée, comprenant d’autres topiques de référence comme Finacea (acide azélaïque 15%), Soolantra (ivermectine 1%) et Mirvaso (brimonidine 0,33%). Chacun a son profil d’action, ses avantages et ses limites. Le métronidazole reste souvent le premier choix historique, en particulier chez les patients naïfs de traitement ou ayant une peau très réactive, du fait de sa bonne tolérance globale et de son recul d’utilisation de plusieurs décennies.

Finacea, à base d’acide azélaïque, est parfois préféré dans les formes papulo-pustuleuses associées à une hyperkératinisation légère ou à une acné concomitante. Son effet sur les rougeurs est modéré, mais il peut être plus irritant que Rozex au début (picotements, brûlures). Soolantra, en revanche, vise très directement le Demodex et semble, selon plusieurs études et retours cliniques, offrir une réduction plus marquée et plus rapide des papulo-pustules que le métronidazole, au prix d’un coût plus élevé.

Mirvaso occupe une place à part : il ne traite pas l’inflammation de fond, mais agit comme un vasoconstricteur local sur les vaisseaux cutanés. En quelques heures, il peut blanchir de façon spectaculaire les rougeurs persistantes, ce qui en fait une option intéressante pour des occasions ponctuelles (événements sociaux, prises de parole en public). Toutefois, son effet est transitoire et certains patients rapportent des phénomènes de rebond, avec rougeurs plus intenses à l’arrêt. Il est donc rarement utilisé seul, mais plutôt en complément d’un traitement de fond comme Rozex ou Soolantra.

Le choix entre ces molécules dépend de nombreux paramètres : type de rosacée (érythémateuse pure, papulo-pustuleuse, oculaire), sévérité, antécédents de traitements, tolérance cutanée, budget et attentes du patient. Dans certains cas, un patient déçu par Rozex trouvera une meilleure réponse avec Soolantra ou Finacea, alors que d’autres reviendront au métronidazole après une mauvaise tolérance à l’acide azélaïque. L’approche moderne est résolument personnalisée, avec parfois des rotations de traitements sur plusieurs mois pour trouver la combinaison la plus efficace et la mieux supportée.

Remboursement et accessibilité du rozex en france

En France, Rozex (métronidazole topique 0,75%) est un médicament délivré sur prescription médicale, généralement établi par un dermatologue mais aussi parfois par un médecin généraliste informé des recommandations de prise en charge de la rosacée. Il bénéficie d’un taux de remboursement par l’Assurance Maladie, ce qui en fait une option relativement accessible sur le plan financier, surtout comparée à certaines alternatives plus récentes non ou peu remboursées.

Le coût restant à la charge du patient dépend du conditionnement, du tarif pratiqué par la pharmacie et, éventuellement, de la complémentaire santé. Les « honoraires de dispensation » du pharmacien, désormais intégrés au prix, peuvent légèrement varier. Pour la plupart des patients, Rozex reste toutefois l’un des traitements topiques les plus abordables pour la rosacée, ce qui explique aussi sa large diffusion malgré des avis parfois mitigés sur son efficacité subjective.

En termes d’accessibilité, il existe peu de ruptures d’approvisionnement durables signalées, même si des tensions ponctuelles peuvent survenir selon les régions ou les formes (gel versus crème). Les préparations magistrales à base de métronidazole à des concentrations différentes (par exemple 2%) peuvent être proposées par certains dermatologues via des pharmacies hospitalières ou officinales spécialisées, mais elles ne bénéficient pas toutes du même cadre de remboursement. Pour le patient, l’intérêt principal de Rozex réside donc dans son équilibre coût/tolérance/recul clinique, qui en fait toujours un pilier de la prise en charge de la rosacée en France.

Enfin, rappelons que le médicament n’est qu’un volet de la stratégie globale : même le traitement le mieux remboursé ne sera pas pleinement efficace sans une hygiène de vie adaptée, une protection contre la lumière et des cosmétiques choisis avec soin. C’est dans cette alliance entre Rozex, alternatives thérapeutiques et gestes quotidiens que se construit, pour chaque patient, une amélioration durable de la rosacée.